Le film

Madrid

Le documentaire « in between » retrace le parcours de migrants Bangladais vivants à Madrid. Ce projet a pour but de dresser le portrait de cette population qui vit à nos côtés et dont nous ignorons tout. C’est depuis Madrid, qu’ils nous guideront sur les routes de l’exode, qu’ils nous exposeront leur point de vue, leur vision du monde.

Victor Kossakovsky a dit : « Le monde conspire pour que vous fassiez ce film ».  C’est ainsi que tout a commencé pour moi. Je suis née dans l’Assam, au nord-est de l’Inde mais j’ai toujours vécu dans l’état du Karnataka au sud de l’Inde.  Mon père est originaire de Sylhet au Bangladesh. Toute ma vie je me suis considérée comme migrante au sein de mon propre pays. L’Inde comporte 28 états et 26 langues officielles. A  27 ans je n’ai jamais habité une région dont je parlais la langue.

En 2012 je me suis installée à Madrid, et à mon grand étonnement j’ai remarqué une très forte communauté Bangladaise. Beaucoup de ces personnes sont en situation irrégulière, et vendent des bières ou des gadgets dans la rue. Nous avions le bangalie comme langue commune, et pouvions parler des heures durant. Ils se sont mis à me raconter leur histoire, leurs rêves et l’aventure de leur vie.

Ce film, je ne l’ai pas cherché, il est venu à moi.

Au travers de ce documentaire vous suivrez nos personnages dans leur quotidien. Ils vous dévoileront leurs rêves, leurs espoirs et l’histoire de leur voyage pour finalement revenir là où tout a commencé: au Bangladesh.

  • Bobby : Il avait 20 ans lorsqu’il a quitté le Bangladesh. Il a connu une multitude de petits boulots et a vécu un bon nombre d’expériences à Madrid. Chanteur de musique traditionnelle bangladaise et philosophe à ses heures, Bobby nous chante sa ballade, sa vie, ses rêves. Actuellement sans emploi, la crise l’a poussé à partir pour Londres où il aura peut être plus d’opportunités. Nous vivrons avec lui ses derniers jours à Madrid, la ville qu’il aime et qui l’a vu grandir. A 40 ans il repart pour l’inconnu, nous le suivrons dans cette nouvelle aventure.
  • Titily : Elle nous raconte l’histoire de son voyage du Bangladesh jusqu’à Madrid. Elle s’est mariée par téléphone à un migrant illégal, un inconnu.  Elle a obtenu son droit de résidence après 4 années et elle a maintenant 3 enfants. Elle est depuis peu gérante d’un petit commerce, où elle vend des articles du Bangladesh. Au sein de la communauté, il est courant d’arranger les mariages par téléphone (le plus souvent, les femmes rejoignent un inconnu pour l’immigration).
  • Sattar : Il travaille à l’aéroport. Il a passé 8 ans seul à Madrid, sa femme n’ayant pas encore obtenu sa résidence.  Il nous raconte son enfance et son rêve : vivre un jour à l’étranger, et voyager autant qu’il le souhaite. Son passeport espagnol lui permettrait de réaliser ce rêve. Sa femme l’a récemment rejoint à Madrid, nous le suivrons dans cette nouvelle étape de sa vie.
  • Kazi : Eternel voyageur qui refuse de poser ses valises. En quittant le Bangladesh il rêvait de parcourir le monde. A 35 ans il  vit à Madrid, possède sa propre voiture et passe sa vie sur la route.  Son métier de chauffeur lui permet d’assouvir ses rêves de liberté. Il nous les fera partager.